Michael Kukla

Mohamed Lekleti

Mohamed Lekleti est né à Taza au Maroc. Il vit et travaille à Montpellier. Par son dessin et les techniques mixtes, M. Lekleti détourne le procédé de la chronophotographie et analyse le mouvement des êtres et des choses. En 2012  il est lauréat du salon du dessin contemporain à Paris et expose au palais des beaux-arts de Turin. En 2013 il expose à la Forteresse de Salses (monuments de France) et il est sélectionné en 2016 pour participer à la biennale de Marrakech (musée de la Palmeraie) et pour un solo-show au salon AKAA, Carreaux du Temple à Paris.

Le dessin de Mohamed Lekleti se présente avec assurance comme porteur d'une énigme symbolique : le jeu de Tarot est sa matrice, le dessin son vecteur. Ainsi la proposition artistique de Mohamed Lekleti fait partie de l'expression de ceux qui savent que l'homme s'ingénie autant à faire qu'à défaire le monde. D'où la présence de figures dynamiques toutes emportées dans un moment de mutation et de métamorphose vers on ne sait quel destin : ce que nous voyons est en mouvement et propose un pont vers des récits oniriques.

Le vocabulaire de l'artiste n'est pas pour autant celui de la dissimulation occulte  mais d'une affirmation ouverte dont le sens est provisoirement suspendu au profit de la capacité que peut avoir un regardeur pour ranimer les ressorts de sa propre culture: Culture savante ou culture intuitive, culture de l'œil en tout cas.

En effet, à  peine esquissé, le dessin de Mohamed Lekleti  n'est déjà plus un dessin, il voyage : La photographie est parfois une aire de départ, le dessin technique un principe d'énergie, le dessin anatomique le témoin d'une jouissance possible, comme la représentation de la métamorphose des corps peut lancer un pont vers les mythologies. 

Ce faisant Mohamed Lekleti maintient ouvert le travail qu'une génération, celle de Jean Le Gac par exemple, a ouvert dans les années 70 donnant au dessin la force de sortir de la clandestinité du carnet  intime. Il est ici conquérant, mobile, scénographié, scénarisé attendant un autre imaginaire pour penser, voir et écouter.

Michel Enrici, Commissaire de l’exposition, historien et critique d’art